« Le vélo te sert toute la vie »

Le manager général de l’ECSEL expose le fonctionnement sportif pour la saison 2026 et sa vision de la formation made in ECSEL.

A l’échelle du secteur sportif, quels sont les objectifs 2026 pour l’ECSEL ?

Il a fallu digérer l’arrêt de la DN1 fin 2024 et, aujourd’hui, repenser le projet associatif de manière large, depuis l’école de cyclisme jusqu’aux U19, voire après. Ma mission est que chacun trouve sa place à la fois sur une pratique plus de loisirs et une autre vers le haut niveau.

Comment cela se passe pour l’école de cyclisme ?

Manu Lache en a la charge et le but est que les enfants apprennent les gestes simples, savoir rouler seul ou en groupe en toute sécurité sur la route dans un esprit de plaisir et collectif, et découvrir les différentes disciplines : la route, la piste, le cyclo-cross. Les jeunes ont un entrainement par semaine, le samedi matin, au parc des sports de Méons.

Le rapport à la compétition est important. Si les enfants sont assidus et réguliers à l’entrainement, ils vont progresser. Si c’est le cas, on les incite à participer à des compétitions pour vivre d’autres émotions et se confronter avec d’autres enfants. Il y a toujours la notion de plaisir car il y a trop d’écart de maturité et de croissance, il faut en tenir compte à cet âge. On les dirige vers les courses locales pour entrainer une belle dynamique dans la Loire.

Que se passe-t-il avec les U15 ?

On va plus rouler en extérieur. Ils pratiquent toutes les disciplines mais on développe plus la dimension physique en augmentant le volume avec des distances entre 25 et 40 kilomètres tout en respectant l’évolution de la croissance de chacun. On insiste aussi sur l’aspect stratégique des courses. Raphaël Faugeron et moi-même les prenons en charge sur 3 entrainements par semaine le mardi soir, le mercredi après-midi et le samedi matin.

On leur montre la vraie pratique, avec une initiation au cycle balle en janvier pour leur faire travailler la dextérité et on insiste sur la rigueur pour venir à l’entrainement. On a 80% de présence, ils se montrent bien motivés. Tous progressent. On veut les rendre responsables et autonomes : ne pas oublier ses affaires, avoir un vélo correct ainsi que les bases pour rouler. On n’y revient pas en U17. Les trois quarts font des courses et ils peuvent, à partir de cette catégorie, intégrer notre académie.

Comment l’apprentissage évolue chez les U17 ?

On commence à passer aux choses sérieuses. Dans le projet sportif, c’est là où on commence à différencier les orientations, soit vers le haut niveau avec la SAUR Académie, soit vers une approche plutôt loisirs. Leur entraineur est Lorris Géry, coureur en DN1 à Dijon, qui a pensé leur entrainement à l’échelle de l’année entière. On augmente les charges d’entrainement par rapport aux U15, on roule plus vite même si les courses restent courtes. Il faut canaliser les jeunes sinon chaque entrainement devient une course mais sans faire de frustration non plus. En U17, on incite à la compétition avec un programme précis, préparé en amont surtout à l’académie. C’est l’année des premières sélections régionales, des premiers championnats de France et des premières courses par étapes comme le Tour du Voironnais.

L’aboutissement du parcours cycliste est donc devenu aujourd’hui la catégorie des U19 ?

C’est aujourd’hui une catégorie devenue très importante, le cyclisme vit une période de jeunisme. Ce qu’on voyait hier en espoir, on le voit aujourd’hui en junior. La pression augmente et il faut s’y adapter et cette catégorie devient une finalité. Les jeunes sont obligés d’être sérieux pour cela et aussi en regard des sacrifices que font leurs parents qui investissent du temps et de l’argent : il faut pédaler !

Les U19 sont coachés par Corentin Ville. L’entrainement est plus long qu’en U17 bien sûr mais aussi plus spécifique, plus précis et plus diversifié. La pratique de la musculation devient importante pour travailler la puissance.

Ce qu’ils vivent doit leur servir pour leurs études et leur vie professionnelle. La pratique du cyclisme peut être valorisante dans un CV, pour un recruteur car le vélo demande du temps, de la rigueur, du travail, de l’investissement. Un gars qui fait du vélo est un gars fiable. Le vélo te sert toute la vie, c’est l’école de la vie.

Les meilleurs U19 peuvent intégrer ensuite d’autres structures de haut niveau. Mais notre souhait est aussi d’accompagner ceux qui restent afin qu’ils n’arrêtent pas le vélo. Cette vision fait partie du projet associatif qui sera mis en place à partir de 2027. L’idéal serait que plus, devenus parents, ils reviennent à l’ECSEL pour leurs enfants ! Et devenir accompagnateur pour nous aider et pour leur plaisir.

Notre ambition est qu’un cycliste qui vient à l’ECSEL s’y retrouve dans sa pratique sportive quelque soit sa discipline et son niveau.