Rémi Arsac a signé un contrat professionnel dans l’équipe Continentale de Decathlon CMA CGM. Membre de l’équipe de DN1 il y a 2 ans, son métier est désormais de pédaler en France et ailleurs. Il nous raconte sa nouvelle vie.

« Ma première prise de contact avec ma nouvelle vie s’est déroulée en octobre dernier avec un premier stage de cohésion où j’ai fait connaissance avec mes futurs collègues. Cela a été aussi un moment « administratif et logistique » : j’ai reçu mes équipements, nous avons réglé la position sur le vélo, j’ai fait des tests de musculation, on a échangé avec le staff…

J’ai eu 2 autres stages de 2 semaines en janvier et février en Espagne. On a fait beaucoup de volume, avec des semaines de plus de 20 heures, on a roulé au chaud, on a appris à se connaitre. Nous avons aussi effectué des tests de 3’, 5’, 12’… pour que l’entraineur dispose de toutes les données nécessaires. Je me sentais plutôt bien physiquement, comme les autres mais pas moins fort. L’effectif de l’effectif de l’équipe Conti est composé de coureurs de 18 à 24 ans et l’ambiance était très bonne. Nous roulions le matin et nous avions le temps de profiter de l’hôtel l’après-midi pour récupérer.
Je reçois mon plan d’entrainement une semaine à l’avance et je roule sur les mêmes routes qu’avant : l’hiver dans la plaine du Forez, puis dans les monts du Lyonnais et dans le Pilat. Ce sont de bonnes routes pour s’entrainer. J’ai environ 14 000 kilomètres à mi-juillet. C’est évidemment plus que lorsque j’étais amateur et je bénéficie de plus de récupération aussi.

La saison des courses a débuté en Belgique et dans le nord de la France sur des épreuves de rouleurs. Cela m’a fait du bien pour prendre de la force. Puis ensuite, on a couru en Italie et en France à Annemasse et sur l’Alpes Isère Tour où je finis à chaque fois 5e. Cette dernière a constitué un déclic car elle est la plus connue, c’est une épreuve pour les grimpeurs et mon échappée sur la 5e étape a fait parler. Mon statut a changé à ce moment-là : mon directeur sportif m’a annoncé que je serai leader sur le Giro d’Italia Next Gen ! J’étais surpris car déjà content d’y participer. Etre protégé dispense de certaines tâches comme aller chercher les bidons, par contre, cela met plus de pression car les copains bossent pour toi et il ne faut pas se louper. Il y avait 8 étapes, plutôt pour les sprinters au début puis pour puncheur et grimpeur. L’objectif assigné était le top 5 au général et j’ai réussi ! C’est cool car c’est toujours bien et pas facile de tenir ses objectifs. Je finis 5e et 5e sur les 2 étapes de montagne et je ne perds qu’une place lors du contre-la-montre. C’est mon coéquipier Aubin Sparfel qui me dépasse donc ce n’est pas grave. Je finis 5e au classement final.
J’ai fait quelques courses de niveau World Tour et c’est vrai que ce n’est pas le même niveau. Je peux jouer les avants postes au Baby Giro mais cela allait bien plus vite au Tour du Jura, à la Classic Grand Besançon Doubs ou la Mercan’Tour Classic Alpes Maritime !

Ma vie quotidienne a changé, bien évidemment. On parle anglais dans l’équipe car je ne suis qu’avec des étrangers et mon entraineur est anglais. Cela m’a demandé un sacré apprentissage sans compter les accents de chacun entre les Australiens, les Américains… Je roule sur un Van Rysel et c’est le top des vélos. Les mécaniciens changent les pièces d’usure régulièrement. Chez moi, pour l’entrainement, je dispose d’un vélo de route et d’un vélo de contre-la-montre. Puis j’ai un autre vélo de contre-la-montre et 2 vélos de routes pour les courses. Au Giro, je m’échauffais sur home trainer face à un ventilateur qui envoie de l’eau ! Je me déplace beaucoup, évidemment : des stages en janvier, en février, en juillet, en août avec l’équipe de France. Pour les courses, on part toujours 2-3 jours avant.

Au programme de l’été : un stage aux Arcs en juillet puis le Tour de l’Ain (5e des 2e et 3e étapes ainsi qu’au classement général final) avec l’équipe World Tour et le Tour de l’Avenir où mon objectif sera le podium ou un top 5 comme au Baby Giro.

Je prends beaucoup de plaisir, c’est une belle expérience de vie, je n’ai pas connu de grosses galères même si parfois, on rentre bien cramé de l’entrainement. Etre payé pour faire du vélo, c’est inespéré !



