
Lunettes de soleil et pied au plancher, c’est lui qui murmure aux oreillettes (ou qui hurle les consignes par la fenêtre…) et conduit la voiture de l’ECSEL lors des courses du calendrier U19. Corentin Ville est le directeur sportif des juniors mais aussi leur entraineur, et parfois même leur coéquipier…

Des débuts dans le cyclisme très jeune, en poussin 2 dans sa Haute-Loire natale ou pas loin : USP Issoire, VS Brioude, VC Saint-Chély d’Apcher avant de plonger à 17 ans dans le bain ligérien, au CR4C Roanne, d’abord en U19 puis dans l’équipe de DN1. Un coureur plutôt baroudeur et polyvalent, un roule tout le temps et gros descendeur. Corentin retourne à Issoire deux saisons, en 2018 et 2019, le temps de gagner une manche de DN 3, la Vienne Classic, et de boucler sa carrière de coureur (malgré quelques « rechutes » par-ci par-là) avant de devenir le coach…

Corentin arrive à l’ECSEL en septembre 2021 pour devenir le DS de l’équipe de DN1, lui qui est plus jeune que la moitié de l’effectif. « Une expérience enrichissante, j’ai découvert le calendrier Elite, j’ai rencontré pas mal de coureurs dans le contexte d’un club familial. L’ECSEL est un club où on se sent bien, ça c’est l’héritage de Max (Maxime Larue, le manager général de l’ECSEL).

Depuis 2025, il a pris en charge l’effectif U19 ainsi que la SAUR Académie et apporte son professionnalisme et sa rigueur au quotidien. « C’est la même chose qu’en DN1 car avec l’évolution du cyclisme, les U19 font aujourd’hui le même « métier ». La différence, et l’avantage, c’est qu’on a les jeunes sous la main toute la semaine alors que j’avais beaucoup d’échanges par téléphone avec les gars de la DN1 ». Outre les entrainements, le coach sur un vélo ça dépote fort (échappé la moitié de la course dernièrement à Condrieu et seconde place à Brioude le 1er mai…) et reste difficile à lâcher notamment en descente, c’est la découverte de la stratégie de course presque comme les pros qui fait grandir nos jeunes coureurs. Pas juste 2-3 phrases vite dites au cul de la voiture mais un briefing, un vrai, parfois même sous la forme d’un diaporama, avec l’analyse du parcours, le rôle de chacun et la désignation d’un ou deux leaders du jour.

Le Grand Prix de Saint-Etienne 2025 est une de ses grandes œuvres (attention, la phrase suivante ne doit pas être lue par les mamans des coureurs) : descendre le Pilon, mouillé, à fond (mais vraiment) pour perdre la moitié du peloton et ainsi être en surnombre à chaque mouvement de la course ensuite avec, pour chacun, un rôle précis en fonction du tour de circuit. Du tableau noir, digne du FC Nantes de Coco Suaudeau dans les années 80 et 90. Résultat : une 2e place, presqu’une victoire dans un contexte d’une concurrence de niveau national.

Pour le coach, la dimension collective passe avant tout : « l’esprit d’équipe, le sacrifice pour les autres. A Condrieu, dernièrement, Théo et Tony ont roulé spontanément pour Julien en prévision du sprint qu’i a d’ailleurs gagné. Sans se parler. Chacun avait analysé la course et savait quoi faire ». Sans oublier l’objectif premier de formation « afin qu’ils aient le bagage physique et tactique le plus complet possible. Après, les meilleurs pourront basculer à l’échelon supérieur…




